TAKEDA SHINGEN, maître de la province de KAAI

30/10/2010 11:20

Imaginez une vallée perdue dans une brume d’automne, froide et humide, à l’aube d’un matin arrogant. Une rivière dont les méandres bordent les pieds de collines et vallons qui se devinent au loin.

Imaginez, juché sur une des collines, un guerrier paré de sa plus belle armure. Il est assis, il a figé le temps et observe la vallée. D’autres innombrables guerriers debout l’encerclent et montent la garde.

Sur deux vallons voisins, des milliers de guerriers à pieds sont assis en silence, aucun bruit ni mot ne perce ce silence, tout est figé. Leur arme est cependant dressée, le YARI. Tout est semblable à une forêt plantée des milliers d’arbres.

Imaginez, bien en arrière, dans le creux de deux vals, les cliquetis des harnais des chevaux, les mords serrés dans leur bouche, ils sont prêts à fondrent sur l’ennemi qui va bientôt apparaître dans la vallée. D’autres guerriers à cheval, plus lourdement armés, plus en arrière encore de la scène, sont placides, sûrs de leur monture, ne faisant qu’un, n’attendent que l’ordre de bondir.

  

 

L’ennemi, soudain, apparaît ! Fantassins au centre de la colonne, sur les extérieurs les cavaliers. Ils avancent doucement, prudemment, la vallée est tranquille. Trop tranquille, aucun oiseau, aucun bruit, l’affrontement est déjà ressenti. Ils ont fait une longue route pour arriver jusque là. Ils touchent au but. Cela fait deux jours que des milliers d’entre eux sont entrés dans cette province, ils sont tous venus chasser le tigre ! Ils ne sont pas rassurés car le tigre a une redoutable réputation ! Ce n’est pas ces quelques centaines de sabreurs, qu’ils ont rencontrés hier soir, qui leur barreront la route.

Kaaï était une province lointaine et cela fait deux matins qu’ils foulent de leurs pas la province du tigre !

 

Ainsi était nommé TAKEDA SHINGEN, le tigre de la province de KAAÏ.

 

C’est alors que soudain, le guerrier assis brandit un éventail et la forêt en silence se lève les YARI pointés vers le ciel. Tous s’ébranlent pour aller à l’encontre des flancs gauche et droit de l’ennemi. Le pas s’accélère pour prendre très vite un pas de course.

Silencieux comme la forêt ils courent !

 

Un deuxième éventail est brandi. Aussitôt les mords des chevaux sont lâchés, les guerriers ne faisant qu’un avec leur monture. Tel un souffle de vent emporté par le bruit rythmé des sabots des chevaux, les premiers fondent déjà sur l’ennemi alors que les derniers disparaissent de la crête de la colline. Surpris par cette fougue, l’ennemi est terrorisé par l’ombre de SHINGEN sur la montagne, l’ennemi doute, puis se ressaisit. Face à cette cavalerie légère armée de KATANA, d’arc et de YARI ils n’ont qu’un seul choix celui de se battre. D’une rapidité déconcertante ils sont partout.

 

Les fantassins fondent sur les flancs gauche et droit de l’ennemi, le chef du clan, SHINGEN, brandit à nouveau son éventail, l’ordre est donné aux samouraïs, transmis à la cavalerie légère qui se retire aussi vite qu’elle a frappé laissant à la forêt le soin de faire son travail. Le corps à corps est terrible, sans compromis, KORYU. L’armée de SHINGEN divise l’ennemi en plusieurs groupes.

Au bout de longues et longues minutes se dessine l’ombre de la victoire pour le clan TAKEDA mais un doute subsiste car l’ennemi est brave et ne recule pas. L’ennemi ira jusqu’à prendre une initiative ; lancer des cavaliers à l’assaut de la montagne pour tuer SHINGEN. Il va se frotter à une garde de samouraïs ayant déjà donné leur vie pour leur maître. SHINGEN laisse faire, il feinte une faiblesse. La garde est infaillible et SHINGEN ne bouge pas, il est immuable comme la montage. Un autre éventail et la forêt se retire feignant là aussi un moment de faiblesse. L’ennemi devenant plus arrogant, prend des risques et sans se regrouper poursuit la forêt, c’est alors que SHINGEN déchaîne le feu, il va écraser les derniers soubresauts de résistance de l’ennemi. La cavalerie lourde armée de TAICHI, décime les guerriers fuyant les combats. La défensive n’était qu’un instant du combat car il savait prendre toutes initiatives pour porter le feu dans le château de son ennemi. Vouloir se défendre, c’est vouloir éteindre le feu qui est chez soi. C’est une mauvaise attitude, il faut porter à tout prix l’initiative.

 

La défaite est pour l’ennemi, source de déshonneur et de désespoir. La journée se terminera par les exécutions, tranchant des têtes et ordonnant SEPUKO.

 

La stratégie guerrière, cette manière de faire la guerre, est nouvelle au Japon. TAKEDA SHINGEN l’a puisée dans les origines du FENSCHUI. L’art de la guerre de SUN TSOU n’est pas étranger non plus.

 

 

Rapide comme le vent

Silencieux comme la forêt

Dévastateur comme le feu

Immuable comme la montagne

 

 

 

FU RIN KA SAN

 

 

L’emblème de la famille, le FU RIN KA SAN, naîtra de ces stratégies et deviendra célèbre au travers toute l’histoire du Japon féodal. Il fera trembler plus d’un guerrier lorsqu’il devra livrer bataille contre SHINGEN.

 

SHINGEN ne voulait pas habiter de château comme les autres chefs de clan. Pour lui le château n’était pas une forteresse imprenable. Il avait comme stratégie et philosophie de construire son château dans le cœur de ses samouraïs. Il les respectait beaucoup et leur rendait honneur à chaque occasion. SHINGEN était aimé de ses guerriers.

 

Lorsque l’on étudie la manière dont SHINGEN élaborait ses stratégies et ses tactiques, il apparaît que ce sont les mêmes lois qui régissent les combats sur les champs de bataille qu’un combat individuel.

 

« Si tu dois te battre contre une multitude, agit comme si cette multitude était un. Si tu dois te battre contre un seul homme agit comme s’il était une multitude. »

 

 

TAKEDABUDO, pratique la compétition :

 

 

La stratégie est applicable dans toutes formes de combats et est une vérité pour tout pratiquant. Ce n’est qu’en situation de combat que l’on peut appréhender une stratégie et la comprendre. Comme porter le feu chez le partenaire. D’où l’importance de la notion du combat dans la TAKEDA RYU NAKAMURA HA. Le combat libre dans toutes formes de disciplines que se soit l’AIKIJUTSU, le JODO, l’IAIDO, le JUKENPO, le KENDO est indispensable pour augmenter son expérience au combat. C’est comme dans tout autre domaine !

Dans les stratégies de combat, on perçoit l’âme du combattant mais surtout son esprit au combat. Le courage, la détermination, son esprit stratégique, tactique, son expérience, sa force…

 

 

Le« MAAI », la distance notion maîtresse.

 

Si l’on parle d’arts martiaux, de BUDO, il faut admettre que sans le combat libre, il manque une dimension à la réalité d’un combat.

Les notions du combat sont simples à expliquer mais demandent pour les appréhender beaucoup d’expérience et d’entraînement. Une notion comme la distance est une notion très difficile à appréhender on vous demande de la sentir ou la ressentir avant même d’en prendre conscience.

L’apprentissage du « maaï » se fait certes par une prise de conscience, lorsque la notion est diversifiée. Il y a une loi en pédagogie qui est la suivante : si l’on veut appréhender ou conceptualiser une notion, il faut la diversifier ou l’enseigner. Ainsi cette notion est appliquée dans les KATA que l’on présente seul, à deux, avec armes comme le bâton court, long, le sabre, le couteau, bref tous des instruments facilitant l’appréhension de la distance idéale à l’application d’une technique ou l’application d’un coup.

 

 

Le contrôle du partenaire.

 

Le contrôle du partenaire est une notion aussi indispensable que la notion de la distance. Là aussi ce contrôle ne peut s’appréhender que si l’on est dans une situation de combat libre. Car contrôler un partenaire qui est complice ou compatissant relève de l’exercice technique en KIHON. Il faut aller plus loin pour tester l’efficacité.

Contrôler son partenaire, c’est le fixer une fraction de seconde soit dans un mouvement de blocage soit dans un mouvement d’emprise. Lui prendre son équilibre une fraction de seconde afin d’entrer dans la distance et d’appliquer une technique ou un coup. Tout l’art du combat est de garder le déséquilibre de son adversaire,  entrer dans la distance sans lui redonner son équilibre. Il y a une loi dans le BUDO qui est : « Si tu prends quelque chose à quelqu’un, il ne faut pas lui remettre. »

 

 

Le timing.

 

C’est comme dans un orchestre de musique classique : si le tempo donné par le chef d’orchestre n’est pas suivi, c’est la cacophonie. Il est donc essentiel d’être là aussi par ressenti, dans le bon timing. Le tempo est donné par l’échange d’attaques et de défenses dans le combat réel. Le timing est aussi au service de la stratégie.

 

Il y a trois stratégies possibles, à savoir :

-          Frapper, entrer, appliquer la technique.

-          Bloquer, entrer, appliquer la technique. 

-          Entrer sans bloquer ni frapper, appliquer la technique.

 

 

Ces trois stratégies sont possibles si le timing est correct, si le contrôle du partenaire est appliqué, si la distance est idéale si toutes ces conditions sont réunies alors la technique est possible. On voit bien que dans le combat la technique ou le coup représente seulement une partie de la globalité.

 

 

La tactique.

 

On la retrouve dans les feintes, dans les déplacements, en ligne, en irimi, en tenkan. On la retrouve dans le « SEN NO SEN ou le GO NO SEN » attaque avant l’attaque, attaque dans l’attaque, attaque après l’attaque ».

Vous voulez recevoir un coup de pied, car vous savez comment contrer, alors agissez sur la distance et donnez des coups de pied. Si vous voulez recevoir des coups de poings, alors réduisez votre distance et donnez des coups de poings. En réaction vous recevrez des coups de poings.

 

 

L’anticipation.

 

Cette dernière notion est difficile à expliquer. En fait, il faut voir, sentir, ressentir l’attaque avant qu’elle ne vienne. J’ai assisté le week-end dernier à un open de karaté organisé par la FFKDA. Subjugué par la vitesse d’exécution des frappes, tout en étant extérieur au combat, on se rend compte que l’anticipation est pratiquement impossible. Bien sûr car il faut être dans le combat, le ressentir, être en timing avec les attaques et les défenses et surtout être en harmonie avec son partenaire. Quoi qu’il en soit si tous les facteurs sont réunis, l’anticipation reste quand même une notion que l’on acquiert après bien des expériences passées sur les tatamis.

 

 

En TAKEDABUDO NAKAMURA HA,  le « shiai » est présent dans toutes les disciplines de l’école.

 

 

AIKIDO : en AIKIJUTSU, il y a deux formes. La première est un « randori » entre deux partenaires où l’on retrouve un UKE et un TORI. Selon un règlement précis, le « shiai » se déroule en deux fois 45 secondes et est jugé par trois juges de tapis et un juge supérieur extérieur. On désigne un vainqueur selon les fautes ou points accumulés.

La deuxième forme est plus spectaculaire : c’est le SOGO randori où là on retrouve le combat libre. Quoique codifié dans les frappes, il est indispensable à l’étude des trois notions de bases à savoir : la distance, le contrôle du partenaire et le timing.

 

 

JODO : comme en AIKIJUTSU il existe là aussi deux formes. Une forme codifiée où l’on retrouve un TORI et un UKE, trois juges de tapis et un juge extérieur. Un « shiai » d’une durée de 2x 45 secondes où l’on applique clés et projections pour terminer par une immobilisation.

La seconde forme est un combat libre où l’on a remplacé le Jo en bois par un FUKURUJO en bambou recouvert de tissus, afin d’amortir les coups reçus. Le shiai se déroule sans protection et ce, de manière traditionnelle.

 

 

IAIDO : deux formes là aussi, une première avec partenaire à une distance qui empêche tout contact. Vitesse et qualité de la technique sont mis en évidence. Trois juges de tapis et un juge extérieur là aussi sont présents pour déterminer le vainqueur.

La deuxième forme est plus impressionnante et se pratique seul face au makiwara. C’est le BATTO GIRI, la coupe au katana. Il faut trancher la botte de paille selon trois kata imposés. Les coupes et le timing sont jugés par le groupe de SHIHAN.

 

 

JUKENPO : une seule forme, c’est le combat libre comme en karaté jutsu. Frappes, pieds poings, clés, projections,…tout est possible en 3.45 min de combat. Deux points marqués ou une projection décollant les pieds du tatami du partenaire équivalent à IPPON. Les protections sont obligatoires et le contact autorisé.

 

 

 

Pour conclure l’étude du combat libre la notion indispensable à la victoire est sans nul doute le contrôle de soi, le contrôle de son adrénaline, le contrôle du stress.

On combat libre cet objectif est primordial. Aucun exercice ne pourrait prendre la place du combat libre pour approcher le plus près possible la réalité d’un combat.

Pour vous préparer à vous contrôler, on vous éduque à la pratique du ZEN, à la respiration. On vous entraîne à des tactiques de placement, de prise de KAMAE, afin de vous donner du temps pour voir venir. L’entraînement le plus impressionnant au Japon est MUGANO KAMAE. Faire le vide en adoptant une vue globale de l’adversaire. En fait l’autre n’existe pas il n’est que gestuelle globale.

 

Mettre le feu chez son ennemi :

 

Lorsque l’on doit gérer ses premiers combats, on est surtout préoccupé de se défendre afin que son adversaire ne touche pas sa cible. Pour cela on se défend, on bloque les frappes et on recule. On oublie très vite le MAAI. La distance entre les deux partenaires très vite devient incontrôlable.

 

 

Que faut il contrôler exactement ?

 

Il faut pouvoir contrôler un espace d’une grandeur de 30cm sur 30cm qui se situe à mi distance des deux partenaires combattants. Si vous maîtriser cet espace vous pouvez contrôler toutes les frappes ou attaques assénées.

 

Valmy DEBOT

www.takedabudo.com

 

 

Jukenpo SHIAI:

Combat libre : frappes poings, pieds,  clés et projections, le combat est libre.

 

AIKIDO :

Sogo randori : le combat est codifié. Le sogo randori est un exercice pédagogique qui force les partenaires à prendre conscience de la distance, du timing, du contrôle du partenaire pour pouvoir appliquer la technique

 

BATTO GIRI :

Gérer le stress de l’arme, ne commettre aucune erreur, gérer la distance.

Batto shiai :

Combat réel à distance : sont jugés la vitesse de coupe et l’enchaînement ainsi que la qualité des techniques.

 

Le jodo :

Le rôle de Tori et Uke est déterminé dans le combat codifié, il est libre dans le fukurujo randori shihai.

 

Le tigre de la province de KAAI

TAKEDA SHINGEN

 

A TOKYO il existe un restaurant dédié à TAKEDA SHINGEN. On voit ici l’armure de SHINGEN et celle de son rival légendaire: Kenshin Uesugi

 

La technique :

Prendre le contrôle du partenaire dès la première attaque, garder son déséquilibre jusqu’à l’application de la technique

 

ZEN : Apprendre à faire le calme en soi. Tu seras l’eau mais tu seras aussi le feu.

 

FU RIN KA SAN

 

Reproduction de l’armure de TAKEDA SHINGEN

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Soke Hisashi Nakamura,
le soke de notre école

  

Aikido Iaido Jodo Jukenpo Kendo

 

 

Prochain Rendez-vous

 

 

Pour tout renseignement sur le TAKEDA RYU NAKAMURA HA, veuillez vous adresser à Mr Valmy Debot.

 

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