TAKEDA RYÛ NAKAMURA HA …son avenir en Europe... Article publié dans "Dragon" n°29 – septembre-octobre 2008

29/07/2009 12:30

 

TAKEDA RYÛ NAKAMURA HA …son avenir en Europe…

 

Quelques « petites » précisions recueillies par Nicolae Gothard Bialokur (Budô Shûgyôsha)

Crédit photos : Corinne Barthélemy & Valmy Debot

Publié dans la revue Dragon, n°29 - septembre - octobre 2008

 

Suite aux diverses réactions, interrogations, étonnements et  inquiétudes (légitimes d’ailleurs…) nées grâce à nos écrits, dans le précédent Dragon,  sur Takeda Ryû Nakamura Ha, quelques « petites » précisions et mises au point s’avèrent nécessaires…

En mai passé, Monsieur Valmy Debot (Takeda Ryû Nakamura Ha Sôbudô Jôden Shihan), accompagné de Madame Corinne Barthélemy, s’est rendu encore une fois au Japon, chez Sôke Nakamura.

Ils ont suivi des entraînements très poussés de Takeda Sôbudô en mettant l’accent sur la discipline du sabre ; ils ont  assisté au tournoi des enfants (combat Takeda Ryû Nakamura Ha)… ; ils ont pu aussi avoir des nombreuses discussions avec Nakamura Hisashi Sôke concernant le développement futur de son école en Europe…Plusieurs éléments se sont ainsi éclaircis !

Valmy Debot Sensei a accepté de faire, en exclusivité pour notre magazine, « quelques petites précisions » à ce sujet.

 

 

Nicolae Gothard Bialokur : Quelle est la plus importante décision que Me Hisashi Nakamura a prise concernant l’avenir en Europe de la tradition Takeda Ryû Nakamura Ha Sôbudô dont il est le Sôke ?

Valmy Debot : Il n’est plus de secret à dire que Sôke Nakamura a réactivé sa représentation internationale et ceci grâce à l’énergie des Dôjô de Belgique, Luxembourg, France,  Maroc, Espagne et Suisse. Il a décidé de reprendre la représentation de son école en Europe et de la représenter lui-même afin de ne plus revivre les erreurs du passé.

 

NGB : Existe t-il une représentation d’une « nouvelle branche » ?

VD : Non absolument pas ! La branche qui représente Sôke Nakamura est celle de … Sôke Nakamura, à savoir le Nihon Sôbudô Rengokai (NSR) et son unique représentant est Sôke Nakamura lui-même !

 

NGB : Pouvez-vous nous fournir quelques précisions supplémentaires concernant la nouvelle « International Nippon Sôbudô Association » (INSA) ? Son but, ses moyens, son identité, etc. ?

VD : L’INSA n’est pas Takeda Ryû Nakamura Ha Sôbudô. Elle n’est pas une association appartenant ou affiliée à  cette tradition et n’a aucun chef de file ! L’INSA est une association non officielle, sans aucune identité juridique. Sa seule identité est celle que nous lui reconnaissons. C’est un « nom » autour d’un concept dont le dénominateur commun est le Budô, dans un esprit d’amitié et de sincérité. International Nippon Sôbudô Association a pour but de rassembler les initiatives positives de partage des activités qui tournent autour du Budô. Grâce à cette mise en commun des forces vives nous réalisons des activités en tous genres. De l’exposition et promotion des œuvres du peintre Feodor Tamarski à l’Ikebana (l’art de l’arrangement floral), en passant par le Shodô (la calligraphie japonaise) et le Cha no Yu (la cérémonie japonaise du thé)… ceci pour la partie Art. Nous organisons aussi des rencontres de toutes disciplines d’Arts Martiaux, indifféremment de l’école ou du style. Nous ouvrons ainsi notre esprit au Karatedô et au Jûdô, à l’Aikidô et au Yôseikan Budô,  aux traditions Daitô Ryû Aikijûjutsu, Katori Shintô Ryû Budô et Takeda Ryû Nakamura Ha Sôbudô, au Kick Boxing et aux Arts Wushu… Et tout ceci en ne visant que le plaisir de pratiquer ensemble ! Notre dernière activité en date était le Shiatsu et les massages Thai... Un membre de notre INSA émet une idée, une proposition concrète, nous la partageons et la diffusons, sans plus.

 

NGB : L’INSA est-elle la représentante, en Europe, de la tradition Takeda Ryû Nakamura Ha ou du Nihon Sôbudô Rengokai ?

VD : Pas du tout. L’INSA et ses activités sont connues de Sôke Nakamura mais elle ne représente ni son école ni son organisation !

Sôke Nakamura a réactivé une organisation internationale qui fait partie du NSR, dont le siège est au Japon. En fait chaque Dôjô est inscrit directement au NSR. Le responsable, professeur du Dôjô, n’a de compte à rendre qu’à Sôke Nakamura. Il n’y a plus d’intermédiaire entre les Dôjô et le NSR.

Sôke Nakamura s’est engagé à venir en Europe ou d’y envoyer ses représentants japonais, son fils par exemple, une fois tous les deux ans. Ce qui nous permettra de faire le point sur notre niveau et nos progrès sur la Voie.

Pour le reste, les responsables des Dôjô, les enseignants et les élèves peuvent se rendre au Japon et suivre les cours de Takeda Ryû Nakamura Ha Sôbudô. Ceci faisant partie de la cotisation annuelle que nous payons au NSR.

 

NGB : Concernant cette cotisation…concrètement, qu’est-ce que vous devez  régler ?

VD : Nous versons la première année un droit d’entrée unique d’environ 6 euros (suivant le cours de change du Yen contre euro) plus une cotisation annuelle d’environ 13 euros pour les Kyu à laquelle s’ajoute 6 euros par Dan supplémentaire. Un passage d’examen Dan s’élève à environ 30 euros si le candidat désire un diplôme, si non c’est gratuit…

 

NGB : Finalement, quels sont vos « accords » avec Me Hisashi Nakamura ?

VD : Tout d’abord, je suis un de ses élèves, un parmi les autres…

J’ai refusé d’être son représentant exclusif afin de promouvoir en mon nom son école ! Je suis un de ses représentants au même titre que chaque responsable de Dôjô, sans plus.

Tout nouveau Dôjô européen ou marocain qui veut s’affilier au NSR, a la possibilité de passer par mon intermédiaire. Je suis aujourd’hui une sorte de « facilitateur » entre les éventuels intéressés et le NSR (Japon). Les personnes ou les Dôjô intéressés bénéficient de l’administration que nous effectuons, ainsi que la traduction de et en français, anglais, allemand, néerlandais, arabe, roumain, russe et japonais, in fine pour les contacts directs avec Sôke Nakamura.

Le Budô éduque et promeut aussi à la liberté !

Pour l’instant, j’enseigne sous forme de stage de perfectionnement dans les Dôjô européens et marocains qui en font la demande.

Aussi, Me Nakamura m’a accordé l’autorisation, en tant que Jôden Shihan, de faire passer les grades Dan jusqu’au Godan (5ème Dan).

J’organise donc des sessions d’examen Dan, qui doivent se dérouler en présence d’un autre Shihan ou d’un Chuden Kyôhan ainsi que du Sensei du candidat. C’est à trois que nous décidons de l’évaluation du pratiquant.

 

NGB : La prochaine visite en Europe de Me Hisashi Nakamura est-elle déjà programmée ?

VD : La venue de Sôke Nakamura et de ses représentants était prévue fin octobre début novembre cette année, mais elle sera  reportée de quelques mois pour des raisons d’organisation. Nous ne manquerons pas de l’annoncer.

 

NGB : En quoi a consisté l’entraînement que vous avez suivi au Japon, dans le Dôjô de Me Nakamura, en Mai passé ? Parmi les nombreuses disciplines du Takeda Ryû Nakamura Ha Sôbudô, lesquelles avez-vous travaillées ? Sur quels « points » a insisté Me Nakamura ?

VD : Nous y avons passé deux semaines très fructueuses et très riches en découvertes techniques. Le plus difficile pour nous est de nous défaire de ce que nous avons appris avant pour entrer totalement dans la philosophie et les techniques de travail de la Takeda Ryû Nakamura Ha ! Nous avons travaillé l’Aikidô, le Jôdô et le Iaidô. Sôke Nakamura a encore et encore insisté sur les bases, car le « secret »  c’est le Kihon !

 

NGB : Durant votre séjour,  vous avez aussi assisté au « tournois des enfants » de NSR ? Seulement comme spectateur ou aussi dans le jury ? Quels sont vos impressions et sentiments concernant cet événement important dans la vie de l’école de Me Nakamura ?

VD : Sur l’invitation de Sôke Nakamura, nous avons pu assister, le dimanche 18 Mai, au tournoi des enfants.

Ces tournois sont une étape pédagogique importante dans l’art du combat du Takeda Ryû Nakamura Ha Sôbudô. Ce type de tournois est très prisé par les pratiquants. Généralement ils marquent la fin de la saison d’entraînement.

Pour la petite histoire, notre ami japonais Takami Kachi est venu nous chercher à l’hôtel et nous a conduits jusqu’au gymnase où se déroulait le tournoi. Nous sommes tous les trois entrés par la petite porte et nous nous sommes installés parmi le public. Nous étions à cent lieues de penser que Sôke Nakamura nous attendait, avec un comité de réception, à la grande porte. Madame Nakamura nous repéra parmi le public, Sôke lui-même vint nous chercher, nous présenta à tous les responsables de l’école, les Sensei Sofue, Matsushita, Toyoshima, Morita, Sugi Nakamura, ainsi qu’à tous les Sensei des Dôjô présents. On nous installa à la table des juges, la table d’honneur ! Je pense percevoir que pour Sôke Nakamura c’est à nouveau un rêve qu’il atteint, celui de perpétuer le travail d’une vie, celui de promouvoir son école hors Japon… Je le sens très heureux et fier. Je partage pleinement ce sentiment avec lui !

La rencontre débuta par une cérémonie très officielle empreinte d’une étiquette très rigoureuse, s’en suivit le serment des participants jurant que leur conduite serait exemplaire tout en respectant les règles et la courtoisie de l’école. L’entrée des candidats se fit sur l’hymne des Takeda.

La compétition dans l’Aikidô est assez rare et pratiquement inexistante dans la forme moderne de l’art de l’Aiki. Il faut néanmoins préciser que le combat n’est pas une fin en soi. C’est un entraînement qui vous fait approcher de la réalité.  Cette situation devrait développer le contrôle de soi, le contrôle de la distance, du rythme, de la vigilance, les réflexes.

 Ce que je tiens à souligner, c’est la patience et l’extrême attention des Sensei, professeurs des enfants, qui sont là vraiment pour guider les enfants mais aussi pour veiller à leur sécurité. Il n’y a eu aucun blessé et toutes les règles furent respectées.

 La joie et le plaisir peuvent se lire sur tous les visages : enfants, adultes, parents et professeurs, c’est superbe !

Ce genre d’exercice ne peut qu’être bénéfique tant au niveau de la psychomotricité qu’au niveau de l’épanouissement de la personnalité de l’enfant.

Pour avoir été professionnel de l’enseignement de la petite enfance, je peux vous dire que la patience et le travail derrière ce genre d’exercices sont immenses !

 Ce que j’ai pu constater c’est que le monde de l’enfance est partout pareil, que ce soit en Belgique, en France, au Maroc, au Japon… Tous les enfants réagissent avec le même naturel, avec les mêmes sentiments…

 

NGB : Il y a quelque chose de spécial qui a retenu, à cette occasion,  votre attention ?

VD : Ce qui a retenu mon attention est une forme intéressante de stratégie de groupe. Je m’explique : lors de tournois, nous assistons à des combats individuels et vite cela peut déraper vers une confrontation pour savoir qui est le meilleur. A part développer son ego, si ce n’est pas bien cadrer par les Sensei, on peut dire que le but pédagogique n’est pas atteint.

J’ai assisté à une forme de combat par équipe qui nécessite la connaissance de l’autre. En effet pour pratiquer une stratégie, il faut connaître l’autre et connaître ses propres limites. Imaginez donc deux équipes de cinq participants chacune. Chaque équipier ne peut participer au combat qu’une seule fois et les deux premiers combattants sont tirés au sort. Pour les suivants ce sont les équipiers qui choisissent qui va se battre. L’équipe gagnante est celle qui a remporté trois combats au minimum. On favorise ici l’esprit collectif et non individuel, la défaite comme la victoire sont partagées et beaucoup moins lourdes à porter.

 

NGB : …et des « tournois adultes » ? Y participerez-vous ?

VD : Le prochain tournoi est le tournoi des adultes en Iaidô qui se déroulera le 19 octobre prochain, à Tokyo. Nous y serons présents pour répondre à l’invitation de Sôke Nakamura, mais nous ne participerons pas car nous n’avons pas encore eu le temps de nous adapter aux techniques et jugements de la Takeda Ryû Nakamura Ha.

Nous suivrons ensuite des entraînements sur les Tatami avec Me Nakamura ainsi qu’avec ses assistants, les Sensei Morita, Ono et Sugi Nakamura, le fils du Sôke, pour nous mettre à niveau et revoir d’abord toutes les bases, le Kihon… !

Peut-être parviendrons-nous à décider notre ami Takami Kachi de monter sur les Tatami ! Déjà qu’en Belgique nous l’avons initié au Tameshigiri ainsi qu’au Shurikenjutsu… Il s’en est très bien tiré !

 

NGB : Un dernier mot ?

Comme je le dis si souvent à mes élèves : c’est l’élève qui choisit son Maître. Pratique toujours, encore et encore, fais ton chemin !

 

NGB : Valmy Sensei…nous vous remercions  pour vos « petites » précisions…et vous souhaitons Bonne Chance !

 

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Nicolae Gothard BIALOKUR
RÔNIN RYÛ BUDÔ
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