3éme voyage au Japon (10/2008), texte de Valmy DEBOT

29/07/2009 20:50

 3éme voyage au Japon (10/2008)

par Valmy DEBOT,

 

 

Pour la troisième fois consécutive, cette année, nous nous sommes rendus, sur l’invitation de SOKE NAKAMURA, aux tournois d’IAIDO et de JODO qui se déroulaient à TOKYO le 19 octobre. Par ce voyage nous avons resserré nos liens avec l’école et leurs différents sensei.

Nous avons été invité aux différents entraînements de chaque dojo. Une expérience tout à fait inoubliable tellement la richesse de nos différentes expériences fut exceptionnelle.

Nous partîmes cinq et nous revînmes emplis de mille souvenirs d’une intensité si forte que nous n’aurons de cesse que de dire les vérités telles qu’elles doivent être dites.

 

Cette année, lors de notre dernière visite au Japon, nous nous sommes vus invité au TAKAI annuel d’ IAIDO. Le TAKAI est l’aboutissement à une année de préparation et revêt pour tout pratiquant japonais une importance toute particulière. Nous avons ressenti le fait que c’est un peu comme le coureur à pieds qui se prépare, qui s’entraîne, pour le marathon de l’année. L’ambiance aussi est très particulière, je n’ai jamais vécu cela en Europe.

Nous avons donc été reçu par SOKE et les SENSEI qui sont sa garde personnelle et cheville maîtresse de son édifice, de son œuvre.

C’est toujours avec grande émotion que l’on se retrouve, nous avons tellement partagé de choses lors de leurs innombrables venues en Europe. SOKE est très fier de dire et de montrer qu’il y a des européens qui viennent lui rendre visite qui s’intéressent de manière altruiste à sa quête sur le chemin du BUDO, de son BUDO. MORITTA, SOFUE, MATSUSHTA, TOYOSHIMA, CHUJI, ONO et tous nos amis. Tous ont un mot, un sourire, une accolade, on à l’impression de retrouver sa famille après une longue absence. C’est dans cette atmosphère toute particulière que le spectacle commence. 

  

 

LE SHIAI :

 

Les shiai sont une particularité dérangeante dans la pratique de l’AIKIDO. Dérangeante dans la vue moderne de cet art. Les puristes, les maîtres modernes verront d’un mauvais œil ces pratiques. La question fut posée à SOKE. Elle fut la suivante : « Comment justifier la pratique des shiai dans les différentes disciplines que sont l’ AIKIDO, l’IAIDO, le JODO, le JUKENPO et le KENDO ? ».

Une fois que la question fut posée, SOKE devient grave et sévère et nous nous rendîmes compte que cette question lui fut souvent posée en termes de critiques négatives. On peut s’imaginer le discours que l’on pu lui tenir aux contenus des réponses qu’il nous rétorqua.

 

            « Lorsque je me suis engagé dans la voie du BUDO j’avais 16 ans, j’ai travaillé très dur. Vous ne pouvez pas vous imaginer. Pas de tatamis, signé son engagement avec son sang, des entraînements durs, je me suis fait cassé les dents. J’ai perdu mes dents. J’ai perdu des parties de mes doigts que je me suis coupé lors des entraînements d’IAIDO. A l’époque il n’existait que des katana. Je me souviens  de cet incident,  je me coupe les premières phalanges de mes deux doigts, vite, je vais chez mon sensei OBA ICHIO qui me tend un mouchoir et me dit : « continue l’entraînement ! ». Les entraînements se faisaient sans compromis. Les applications des techniques se faisaient toujours avec des partenaires qui n’étaient pas compatissants.

J’étais petit de taille et très facilement projetable, mais je voulais être fort. En dehors du dojo je faisais des petits boulots qui me renforçaient physiquement, les ateliers sidérurgiques, les ateliers frigorifiques, les chantiers de construction et bien d’autre. Lorsqu’une place de sensei s’est ouverte dans un dojo de TOKYO, j’ai demandé à OBA ICHIO d’y être désigné. Il ne voulait pas. Il disait que j’étais trop petit. Oui, je suis petit, mais je suis fort, je suis très fort. Il me donna ma chance et se fut une grande réussite. Ma plus grande difficulté c’était l’administration, je ne savais même pas me servir d’un téléphone. Ma vie c’était le BUDO, toujours le BUDO et j’ai du apprendre à me servir d’un téléphone. »

 

Sur ce SOKE se lève et nous regarde et déclare : «  La TAKEDA RYU est une école de champs de bataille. Les techniques élaborées furent codifiées au prix d’une vie, de sa vie. C’était la réalité du combat ! Comment voulez vous que j’apprenne à mes samurais la réalité du combat si je ne passe pas par la forme du SHIAI. Les SHIAI sont une étape pédagogique pour toucher la réalité ».

C’est pour cela que les TAKAI sont si important. C’est une partie pédagogique indispensable à l’évolution BUDO des pratiquants. Tout se voit dans les tournois. La patience, le respect, l’étiquette, le courage, l’esprit vif, la vigilance, la bonne décision, l’esprit d’initiative, le fait de savoir prendre sur soi et surtout la capacité de gérer l’adrénaline et la technique.  

Il est vrai que l’on peut voir ces SHIAI sous forme de compétition, mais il y a quelque chose de plus. Lorsque je me rends dans les différents clubs au Japon ou à l’étranger, je demande à voir des shiai, on voit tout dans les shiai. Lorsque je dois sanctionner un pratiquant d’un grade ou d’un titre, je le fais mettre en ZEIZA et ensuite se lever. Cela me suffit tout est dans l’attitude !

 

 

 

Déroulement :

 

Lorsque nous entrons dans le gymnase universitaire où se déroulent les différents SHIAI, immédiatement notre attention est attirée par l’ambiance cérémoniale. Les drapeaux des clubs, les drapeaux de l’école, des différents dojos et bien sur le drapeau du Japon, sont placés selon une étiquette rigoureuse. Nous sommes placés à la table d’honneur face aux tatamis, le dos au SHOMEN. Dés que l’heure est là le REIGISAHO débute :

Le TAIKO résonne, les participants se placent en rangs bien alignés face aux juges et senseis habillés du Monski Hakama traditionnel. Le tout sur fond musical de l’hymne TAKEDA « TAKEDA BUSHI », ils montent tous sur le tatamis dans un ordre parfait. Le chant « TAKEDA BUSHI » se termine et fait place à l’hymne national japonais entonné par tous la main sur le cœur, l’ambiance est très poignante et j’ai les larmes aux yeux tellement tout cela nous emporte.

Place à l’engagement des compétiteurs, deux d’entre eux s’avancent, ils vont prêter serment au non de tous, de respecter les règles de la compétition ainsi que de respecter les jugements des sensei arbitres.

 

Les SHIAI IAIDO

 

Pour la discipline de l’IAIDO, il y a quatre formes de compétition.

 

1°) BATTO SHIAI :

Le SHIAI se déroule en maximum 7 étapes, tout va dépendre des points qui vont être crédité aux compétiteurs. La première étape est le

 

-          NOTO KATA : deux kata qui vont devoir être effectués correctement et le plus rapidement possible.

Les deux compétiteurs démarrent en position GEDAN SANSHIN (position basse de vigilance) suivie de YOKO KAECHI CHIBOURI. (égoutter le sabre sur le côté).

A l’ordre ADJIME, les compétiteurs doivent rengainer de 2/3 leur sabre dans leur saya et dégainer sur une technique de coupe à une main suivie d’une technique de coupe à deux mains. Sera déclarer vainqueur le compétiteur qui aura produit deux techniques correctes, le plus rapidement possible mais tenant compte aussi d’une stratégie d’évitement s’il en est. Le point gagné est engrangé par AKKA ou SHIRO.

 

-          SENTE KOTE KATA : Dans cette étape, les techniques sont distribuées aux compétiteurs.

AKKA (à gauche de l’arbitre principal) reçoit le rôle de SENTE, l’attaquant. Il reçoit une technique de coupe à une main suivie d’une technique à deux mains, la troisième technique est libre.

SHIRO (à droite de l’arbitre ) reçoit le rôle de KOTE, le défenseur. Il reçoit une technique de contre à la technique à une main de l’attaquant, suivie de la technique de contre à deux mains, la troisième technique est libre et est une technique d’attaque.

Les compétiteurs se font face dans la position neutre de vigilance, sabre dans la saya. A l’odre YOI, SENTE doit démarrer l’attaque endéans les deux secondes.

KOTE doit impérativement attendre que SENTE ait démarré ses attaques. Dans le cas contraire il est pénalisé et perd le point-

Les jugent donnent les points à SENTE ou KOTE en fonction des techniques correctes, de la rapidité ou de la stratégie.

 

Ensuite les rôles sont inversés (SENTE- KOTE, KOTAI) et on procède généralement au même exercice avec les mêmes techniques.

 

-    BATTO KATA : étape suivante. Dans cette étape les deux compétiteurs doivent    

     effectuer deux techniques une KIRISTUKE (une main) suivie d’une technique

     GIRI (deux mains). Cela à l’ordre ADJIME. Le compétiteur qui emporte le point   

est celui qui est le plus rapide et qui bien entendu effectue les techniques correctement.

Ensuite s’alternent NOTO KATA et BATTO KATA.

Le combat est toute fois terminé lorsqu’un compétiteur atteint un certain nombre de points pour ne pas être rattrapé. En effet les points comptabilisés des compétiteurs ayant atteint le nombre sept, le combat est terminé.

Cependant si après sept exercices, il y a toujours égalité on poursuit l’exercice et c’est le premier qui emporte le point qui emporte le SHIAI.

 

Pour tous ces jugements il y a quatre juges. Un juge principal dos au SHOMEN (mur d’honneur) deux juges face au juge principal qui doivent immédiatement lever le bras vers le vainqueur qu’ils pensent être. Si les juges sont en accord entre eux le juge principal doit suivre l’avis. Si les juges sont en désaccord entre eux, le juge principal doit trancher. Le résultat final peut encore être revu par le juge superviseur à tout l’ensemble.

A la fin du combat le SUSHIN (juge principal) annonce les résultats et désigne le vainqueur.

 

 

2°) JUJI KATA :

                 Les JUJI KATA sont des saynètes que l’on présente avec un partenaire selon les règles suivantes : Tout d’abord, les compétiteurs vont se placer sur le tatamis où la première action commence. L’un des deux partenaire se tourne vers le sensei qui contrôle le chronomètre, lui fait signe d’un grand mouvement du bras droit, afin de montrer qu’ils sont prêt à démarrer la présentation. Le sensei frappe le TAIKO d’un grand mouvement le décomptage du temps commence. Il faut que les échanges de techniques se fassent en distance et vitesse réelles. Qu’il est impératif de présenter les kata entre 23 et 25 secondes pas plus, pas moins. Que les partenaires durant la présentation doivent obligatoirement présenter deux NOTO (rengainement). Que la technique finale soit une technique décisive.

Une fois le temps écoulé, le TAIKO résonne une seconde fois pour marquer la fin du temps impartit.

                Le jugement va porter sur la réalité de la mise en scène, la justesse des techniques, le rythme, l’originalité et dans la globalité on doit ressentir au travers de la saynète la réalité d’un combat. Les juges se concertent et cotent les différentes présentations. Points à distribuer entre 60 et 100 points. C’est donc l’équipe qui a emporté le plus de points qui emporte la victoire.

                Nous avons donc assisté à ce genre de présentation et croyez moi, elles ne manquent pas d’originalité. Des sauts, une roue sur une main, des vitesses d’exécution qui ne permettent pas une seule erreur. Dans certaines situations on ressent l’eau et le feu, le ZANCHIN on pressent l’action finale…toutes ces présentations sont parfaitement rodées et sont d’une très grande qualité.

 

 

3°) Les KATA

                Les successions des kata sont présentées par trois compétiteurs. Les trois premiers KATA sont imposés et démarrent à genoux. Pour le reste les kata sont libres mais à la fin du temps impartit les compétiteurs se retrouvent à genoux. Les kata doivent présentés des figures de techniques KIHON ou KORYU, elles peuvent être mélangées. Une règle sine qua none est la coordination des mouvements. Toute la gestuelle se fait en même temps au même tempo.

                Là aussi les juges ( ils sont cinq) vont juger de la qualité d’exécution dans un tempo parfait, de la présence des trois kata imposés, de la justesse de la technique mais aussi que la technique appartienne bien au répertoire de l’école TAKEDA NAKAMURA.

                Le temps impartit correspond ici entre une minute trente et une minute quarante-cinq, REGISAHO (étiquette) compris. Les juges cotent et les compétiteurs qui ont obtenu le plus grand nombre de points gagnent.

                 Lorsque les kata sont réalisés avec une synchronisation parfaite, on ressent avec les compétiteurs cette énergie qui unifie la concentration, c’est magique. Personnellement j’avais la chair de poule, je ressentais un tellement grand silence, tous on retenait son souffle, à la fin de la présentation se libérer ensemble dans un long soupir, c’est magique.

 

4°) Le BATTO GIRI

                 Je me souviens de ma première expérience de coupe. Pendant des années, j’avais pratiqué le sabre dans des écoles modernes et traditionnelles. Un jour lors d’un stage à Vienne au siège de l’ISTB l’insigne honneur m’est fait par KOBILZA sensei de me mettre face à un MAKI et de manipuler le KATANA du club. Après moult conseils de placement, de concentration, je me prépare à dégainer et trancher le MAKI. Je me vois encore dégainer et vouloir trancher le MAKI et là surprise, je passe à cinq centimètres de la cible, je m’approche, je recommence les gestes et là surprise, je coupe l’élastique. Première constatation, je n’ai aucune notion de distance. Une fois la distance gérée, je touche le MAKI et voilà que tout l’ensemble MAKI et support étaler dans un grand fracas à terre. Je n’avais aucune notion de coupe. J’avais plus de dix ans de pratique de sabre derrière moi rien que des kata. Depuis ce jour toucher un IAITO fut tout à fait différent. Chaque fois que je pose la main sur mon sabre j’ai la sensation immédiate d’une arme et je possède ma distance, je suis conscient de ma distance et ce dans tous les kata. Couper change la façon de s’exercer au sabre et ce de manière fondamentale.

              Comment se déroule le tournoi. Tous les compétiteurs on préparé leur matériel de coupe et possède leur propre katana. Tout le monde peut participer au tournoi. La condition est de posséder son propre katana. Tous les participants se placent en ZEIZA sur le tatamis et attendent leur tour de passage. Les prestations se déroulent en 3 rounds.

           

1er Round : Temps imparti 13 secondes pas une de plus. Le compétiteur fait signe au sensei qui est en charge de surveiller le chronomètre. Le son du TAIKO          résonne les coupes débutent. Deux coupes sont à présenter une SAGE l’autre AGE (une de bas en haut l’autre de haut en bas) et entre les coupes il faut effectuer un NOTO (rengainement). Les critères de qualifications sont les suivants :

            - tout d’abord avoir respecté le temps imparti

            - ensuite avoir respecté les coupes imposées

            - Les coupes doivent être le plus parallèles possible

            - N’avoir coupé aucun élastique. En effet il y a quatre élastiques placés sur le maki.

               Le fait de couper l’élastique est éliminatoire. D’où la précision de la coupe-

Deux SENSEI reconstituent le maki coupé. Ils placent les morceaux devant les 5 juges qui désignent les meilleures coupes en fonctions des critères que je viens de lister plus haut.

Les compétiteurs retenus se préparent pour le deuxième round.

 

 

2ème round : Temps imparti 9 secondes pas une de plus. Le compétiteur fait signe au sensei qui est en charge de surveiller le chronomètre. Le son du TAIKO résonne, les coupes débutent. Deux coupes sont à présentée AGE et SAGE ou inversement, c’est au choix du compétiteur. Il n’y a pas de NOTO entre les deux coupes présentées. Une fois les coupes effectuées, le maki est reconstitué et présenté devant les juges afin d’y être évalué.

Les compétiteurs retenus pour le troisième et dernier round sont ceux qui ont respecté tous les critères de qualification.

 

 

3ème round : Temps imparti 13 secondes pas une de plus. Le compétiteur fait signe au SENSEI qui est en charge de surveiller le chronomètre. Le son du TAIKO résonne les coupes débutent. Trois coupes sont à présenter au choix de l’ordre AGE, SAGE, AGE par exemple. Pas de NOTO effectué entre les coupes mais bien en fin de présentation. Une fois les coupes effectuées, le maki est reconstitué et présenté devant les juges afin d’y être évalué.

Sur les seize compétiteurs il n’en eu qu’un seul qui soit parvenu à respecter tous les critères d’évaluation. Il fut déclaré vainqueur.

 

            Pour pouvoir réaliser une coupe parfaite, il faut savoir gérer la distance, le geste, la concentration. SOKE dit aussi ne pas se focaliser sur la cible. La cible dit-il, « elle n’existe pas ! ». Mais attention le geste doit être un geste de coupe, le sabre travaillera tout seul ensuite. Le geste doit être un geste de coupe, de vouloir trancher, comme lorsque l’on coupe avec un couteau. Si le geste est semblable à l’image d’une hache qui s’abat sur l’arbre à abattre, tel un bûcheron, il n’y a que très peu de chance que votre sabre travaille comme un KATANA doit travailler.

Vous savez dit-il : « Le sabre travaille seul, il faut simplement bien le guider. » « N’y mettez pas de force, la juste puissance, le poids du KATANA suffit. » ajoute t’il. Toute cette gestuelle ne s’apprend pas du jour au lendemain évidement. Pour ma part le premier pas est le MA AI, la distance…idéale.

 

            Doucement la cérémonie se termine sur la remise des médailles pour les vainqueurs. Paradoxe tous les compétiteurs reçoivent une médaille, ainsi qu’un certificat prouvant qu’ils y étaient. Tous en ordre comme au début, sur le tatamis, retenti l’hymne des TAKEDA ensuite l’hymne national japonais. Le silence se fait et soudain trois BANZAI fusent la foule répond et termine par un tonnerre d’applaudissements, le spectacle est terminé. Une armée d’étudiants spectateurs se rue sur tout objet à ranger et en très peu de temps toutes les traces de ce merveilleux spectacle ne sont plus que souvenirs.

Merci SOKE

 

Mais place maintenant au quatrième round…

Il y a donc un 4ème round, la fête au HUMBO DOJO de TOKYO. Pour terminer cette superbe journée qui fut vraiment une superbe réussite, SOKE invite tous les SENSEI ainsi que les européens à prendre un superbe souper à la japonaise sur les tatamis du HUMBO DOJO.

La soirée s’annonce bruyante et assez arrosée. Les japonais ne failliront pas à leur réputation de grand amateur de SAKE. SOKE nous demande comment nous avons trouvé le TAKAI. Pour lui c’est important. Nous livrons tous nos impressions toutes très positives et cela le rempli de joie et de satisfaction de travail accompli, un sourire, un KAMPAI, il est heureux.

Les contacts se nouent les rires s’amplifient, le repas touche à sa fin. Soudain OARI et IKEMAS retentissent trois BAZAI fusent tout le monde se dit au revoir, nous prenons congé de nos amis, nous rentrons en métro et nous voilà à l’hôtel ou l’on partage encore nos sentiments.

 

Nous avons programmé un entraînement par jour et nous avons été invité aussi dans tous les dojos des différents SENSEI. Nous n’honorerons que deux invitations, celle de ONO et de SUZUKI SENSEI. Le reste du temps nous devons être présent au dojo de SOKE.

L’expérience que nous avons vécue dans les dojos japonais est encore une fois exceptionnelle.

L’ambiance est à la bonne humeur et plus encore, personne ne se prend au sérieux et tous très attentifs à ce que le travail se déroule bien. Tout se passe dans de bonne condition de sécurité où l’autre prend soin de son UKE. Le respect et l’étiquette sont omniprésents mais de façon toute naturelle. J’ai l’impression lorsque je travaille dans les dojos européens d’être plus japonais que les japonais, je comprends mieux aujourd’hui cette expression. Deux heures et demie d’entraînement avec une intensité toute particulière, une pause toute les 20 minutes avec permission de boire et le cours est déjà fini, cela à passer si vite.

 

L’entraînement avec SOKE, le lendemain est plus intensif. Il a fait venir CHUJI son fils qui est OKUDEN SHIHAN, ONO SENSEI qui est SHIHAN, ainsi que YOSHIDA SENSEI SHIHAN lui aussi. Pour vous donnez le niveau technique sur lequel nous avons travaillé. Nous avons travaillé dans trois disciplines à savoir AIKIDO, IAIDO, JODO. Nous avons revu les programmes surtout au niveau des techniques HENKA. Bref que du bonheur, nous sommes demandeur encore et encore.

 

A la fin de la journée, nous nous retrouvons à l’étage chez SOKE. Madame NAKAMURA a préparé un superbe repas. C’est toujours durant ces moments là que nous découvrons toujours un peu plus SOKE. Il était très content de sa journée. Nous profitâmes pour lui offrir tous nos cadeaux européens, très ému il nous remercia évidement. On le sentait un peu gêné, on compris par la suite. Après quelques minutes de conversation banale, il se leva et se rendit dans la pièce à côté, laissons dire, son living. Il revint avec des cadres qu’il avait décrochés du mur. Il expliqua ce qu’il en était. En fait à toutes ces périodes importantes de sa vie de BUDOKA, SOKE a pour habitude d’écrire une poésie travaillée avec des KANJI et des idéogrammes réalisés dans une calligraphie qui relève d’une grande maîtrise. Il me tendit la première, sa traduction est la suivante : « La patience…. » Ce qui correspondait à la deuxième année de sa pratique de la TAKEDA RYU. Il tendit à Bernard la deuxième « Le courage…. ». Ce qui correspondait à sa quinzième année de pratique. A Othman il tendit la troisième : « Après tant de difficulté….la plénitude ». Ce qui correspondait à l’anniversaire de sa trente cinquième année de pratique de la TAKEDA RYU.

A Xavier, il tendit une poésie de quatre KANJI superbe œuvre d’art : « On porte ses DAN avec et dans son cœur » Message qui est repris sur une fresque dans le HUMBO DOJO de Tokyo.

 

Et SOKE nous raconta une histoire assez belle d’ailleurs : C’est l’histoire d’un jeune étudiant en BUDO qui le jour de son examen DAN avait organisé pour la réussite de sa ceinture noire une superbe fête avec toutes ses connaissances parents et amis proches et éloignés. La fête durant deux jours. Le lendemain, il était très fatigué. Quelques années après se fut la réussite de son 2ème DAN, là aussi il fit une grande fête avec ses amis proches. La fête durant un jour. Le lendemain il avait très mal de tête. Quelques années suivantes, l’étudiant reçu son 3ème DAN. Il réuni son ami et tout deux, seul le soir, passèrent une belle soirée. Le lendemain il retourna vite au DOJO. Lorsque quelques années plus tard, l’élève reçu de son maître le 4ème DAN il rentra chez lui sans rien dire à personne et se mit en ZEIZA et entra en MOKUSO (méditation) Le lendemain matin, il était serein et heureux.

Ne vous croyez pas le meilleur, soyez humble, prenez conscience que nous sommes poussières d’étoile dans l’univers, soyez l’énergie.

           

Tout en nous fixant du regard, il nous dit : « Cadeaux » Imaginez-vous un instant, un seul instant seulement, les leçons de BUDO que nous venions de recevoir. Merci SENSEI.

Avec infiniment de respect nous nous les sommes passées l’un l’autre, nous les avons mémorisées et avec grand soin nous les avons rapportées en Europe. C’est ce genre de cadeaux que jamais nous n’oublierons.

SOKE nous dit :  « Nous devons considérer la TAKEDA, le BUDO comme un outil pédagogique qui doit changer notre vie en positif. C’est un outil qui doit épanouir votre personnalité. Vous faire agir avec courtoisie, avec énergie, avec respect, avec humilité être conscient que l’on est l’exemple lorsque l’on est professeur ou SENSEI. ». « Toutes ces règles sont reprises sur votre passeport et seront des règles qui devront être à tous moments respectées ».

 

La soirée se prolongeant, SOKE nous parle aussi qu’il a étudié longtemps les chants folkloriques. Heureux d’être là simplement en notre compagnie, il s’est mis a chanter le chant des TAKEDA « TAKEDA BUCHI », suivirent d’autres plus poignant l’un que l’un, toujours traduit par notre fidèle ami TAKAMI SAN. Voir vibrer son être , ses passions, nous restons conquit par la personnalité de ce petit homme et maître de la TAKEDA RYU.

SOKE HISASHI NAKAMURA est pour moi un des dernier samouraï, au sens où nous le concevons dans notre imaginaire.

 

Nous sommes de retour en Europe et nous sommes hésitants à faire partager tout cela car cela provoque plus de jalousie ou d’envie que de compréhension. Jamais on ne saura empêcher les gens de comparer l’évolution des pratiquants à la sienne se sentant meilleur que l’autre l’écraser quand même de son ego surdimensionné. Mais lorsque l’on parvient à prendre conscience que l’autre est là pour vous aider à évoluer, on le respecte partout et en tout lieu.

 

Merci à TAKAMI SAN sans qui tout ceci aurait été impossible.

 

 

 

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le soke de notre école

  

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